Centre de ressources en emploi en direct de Toronto
Coin des questions

Notre Rédacteur-éditeur du site Possibilités se fera un plaisir d'effectuer les recherches nécessaires, auprès d'experts en emploi et en formation, pour répondre à toutes vos questions. Toutes les questions posées font l'objet d'une réponse et sont traitées de façon confidentielle. Certaines pouvant intéresser un public plus large sont affichées sur le site. Envoyez-lui un courriel !

Liste complète des questions >>

          Bookmark and Share

Question du mois

Bonjour Céline,

Je me permets de vous écrire car je souhaitais avoir votre aide sur ma recherche d'emploi. Comme je recherche un poste de journaliste francophone sur Toronto, je me disais que vous auriez, peut-être, quelques pistes ou contacts sur Toronto ou sur Vancouver (autre possibilité de choix que j'envisage).

Je suis arrivée le jeudi 1er décembre et je commence à prospecter dans ce secteur. Pourriez-vous, s'il vous plaît, avoir la grande amabilité de me renseigner sur ce point !

Merci d'avance du temps que vous m'accorderez !

Sabrina

Réponse

Bonjour Sabrina et bienvenue à Toronto !

Votre question réveille quelques souvenirs de ma propre recherche d’emploi de journaliste en ces contrées et je serai ravie de pouvoir vous éclairer à ce sujet.

Je m’attarderai tout d’abord sur les destinations : Toronto et Vancouver. Vous saviez sans doute en arrêtant votre choix qu’il s’agit de deux villes au fort potentiel économique mais majoritairement anglophones, où les postes de journalistes francophones sont rares. Je me permets donc de faire un petit détour géographique en vous disant que le Québec ou encore le Nouveau-Brunswick (officiellement bilingue) offrent de meilleures perspectives d’emploi aux journalistes francophones en termes de postes permanents. Je dis bien « le Québec » et non « Montréal », où la pénurie d’emploi en journalisme règne en maître, à moins que vous souhaitiez vous spécialiser en sport ou en économie. Si vous avez un permis de conduire et ne redoutez pas la vie rurale, vous pouvez toujours explorer les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent ou de la Montérégie, au Québec et la région d’Edmundston au Nouveau-Brunswick.

Mon expérience de Vancouver étant très limitée, je ne peux que vous proposer de naviguer sur le site de La Source, une publication bilingue, ingénieuse et qui repose sur une équipe francophone bien étoffée, ce qui est plutôt rare pour un média francophone en milieu linguistique minoritaire.

Fort heureusement, à Toronto, la tendance veut que le français soit de plus en plus présent sur le marché du travail alors qu’il y a quelques années, la demande provenait surtout de la fonction publique provinciale (en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario).

La Ville Reine compte sur un réseau de médias francophones encore embryonnaire mais voué à s’étendre. Du côté de la presse imprimée, renseignez-vous auprès de L’Express de Toronto. Voyez aussi les journaux du groupe Alto Media qui publient Le Métropolitain (Toronto), Le Régional (de Burlington à Welland et la région de Niagara), Le Rempart (Windsor, Essex et Chatham-Kent), Bonjour Ontario (centre-sud-ouest) et L’Action (région de London, Sarnia et Woodstock). Plus largement, vous pourrez trouver sur le site de l'Association de la presse francophone, un répertoire des publications imprimées de toutes les provinces canadiennes, y compris de l’Ontario.

Côté radio, vous pouvez explorer le site de l'Alliance des radios communautaires du Canada, qui compte 27 stations membres et six projets en implantation dans neuf provinces et deux territoires. À Toronto, il s’agit de CHOQ-FM 105,1. Jeune et ambitieuse, la station repose sur un noyau dur de passionnés, bénévoles ou employés. Depuis quelques années, la CRT gère également GrandToronto.ca, un portail des activités culturelles francophones.

Vous pouvez aussi vous tourner vers Radio-Canada, le versant francophone de la CBC, qui possède des studios de radio et de télévision dans toutes les provinces (from coast to coast). La gestion des ressources humaines de la Société d’État repose depuis quelques années sur un logiciel informatique, comme cela se fait de plus en plus dans les très grandes entreprises. Je vous encourage donc à miser sur les bons mots-clés et à toujours penser à vos démarquer du lot, tout en gardant une démarche professionnelle.

Pour ce qui est de la télévision francophone, TFO est le leader à Toronto. Le premier mandat de la chaîne est d’appuyer l’éducation en français.

Le challenge que vous vous assignez peut aussi apporter quelques embûches que seules la curiosité et la débrouillardise, propres aux journalistes, pourront vous permettre de relever. Les méthodes et styles journalistiques qui ont cours en Amérique du Nord diffèrent de ce qui se fait ailleurs. Vous marchez ici sur des terres qui privilégient un traitement factuel et neutre de l’actualité (facts, facts, facts !) reléguant l’opinion aux chroniques. Si vos finances vous le permettent, je vous conseillerais sans doute de commencer par un stage (non-rémunéré, malheureusement) de quelques mois, ou de travailler comme pigiste, ce qui pourrait être une façon d’exercer votre profession moins régulièrement, mais en étant rétribuée. L’Express de Toronto, qui fait de temps en temps appel aux journalistes indépendants, paie autour de 75 $ de l’article.

Enfin, de nombreux ouvrages écrits par des éminents journalistes québécois peuvent aussi éclairer votre lanterne. Je vous conseillerai notamment Le Métier de journaliste, de Pierre Sormany, si vous visez la presse écrite, ou Faire dire : l’interview à la radio-télévision, de Claude Sauvé. Ce sont là deux bibles du programme de journalisme de l’Université de Montréal.

Quelle que soit la voie que vous choisirez, je vous souhaite bonne chance et beaucoup de détermination qui, bien souvent, se révèle payante.

Céline

Accueil