Poss Scriptum

Mai 2012

La réduction de la semaine de travail à 20 heures, une mesure grotesque pour lutter contre le chômage ?

Date: 
Mardi 1 Mai 2012

Céline Saday, rédactrice-éditrice

Quel employé à temps plein accepterait de réduire à vingt ses heures de travail hebdomadaires, voire de retrancher d’autant son salaire ?

L’idée n’est pourtant pas si farfelue, si l’on en croit la News Economics Foundation qui souhaite que les employés passent plus de temps en famille et moins au bureau. Le groupe de réflexion britannique pointe une forte pénurie d’emplois et de là, une nécessité de partager le travail. Malgré un taux d’endettement des foyers grimpant au pays de David Cameron, la NEF soutient dur comme fer qu’une pareille mesure n’aura aucun effet néfaste sur l’économie.

Outre-Atlantique, la France a mis en place, en 2000, une réduction de 39 heures à 35 heures du temps de travail hebdomadaire. Douze ans plus tard, l’impact sur le taux de chômage endémique est controversé. En revanche, les effets bénéfiques tant sur les entreprises que sur les employés sont largement démontrés. Les entreprises connaissant des variations saisonnières de productivité ont plus de flexibilité et une meilleure organisation du travail. Les Français goûtent, quant à eux, des améliorations sociales non-négligeables : une obtention de congés plus facile et davantage de temps accordé à la famille ont conduit à une hausse du taux de fécondité à 2 enfants par femme en 2010 contre 1,78 en 1990 (source : Institut national d’études démographiques, France).

Plus près de chez nous, le Québec a expérimenté deux plans anti-chômage successifs, inspirés du programme pilote de « Travail Partagé » (TP) adoptés par le gouvernement fédéral au début des années 1980. Le Programme d’aménagement concerté du temps de travail (PACTT), en vigueur de 1984 à 1991 et l’Aide à l’aménagement et à la réduction du temps de travail (ACTT), une version améliorée mise en place par le gouvernement du Parti Québécois en 1994 (et toujours existant), sont sensiblement identiques. Ils consistent tous deux en un bouquet de mesures de pérennisation de l’emploi. Une entreprise en difficulté peut ainsi réduire le temps de travail de quelques employés, qui reçoivent des compensations d’assurance-emploi pour la part de salaire perdue. D’après le TP, pour une réduction de 20 % des heures de travail (une journée sur cinq), un travailleur ne perd que 6 à 10 % de son revenu hebdomadaire net et seulement 3 à 5 % de son revenu annuel net.

Dans un rapport de 2003, la professeure et directrice de recherche de la Téluq (le centre de formation à distance de l’Université du Québec) Diane-Gabrielle Tremblay pointe l’excès de mécanismes défensifs (protection des emplois existants) et le manque de mécanismes offensifs (création de nouveaux emplois). Malgré un fort volontarisme de la part des gouvernements, selon la chercheure, les effets de ces programmes se calculent dans les statistiques en termes de licenciements évités et non d’emplois créés.

En Ontario, les salariés travaillent en moyenne 30,5 heures par semaine, ce qui correspond exactement à la moyenne nationale. Selon les données de Statistique Canada, ce chiffre a légèrement baissé depuis 2007 (30,9 heures). D’autre part, le salaire moyen brut hebdomadaire des Ontariens a augmenté pour atteindre 894,78 $ en 2011, contre 818,98 $ en 2007.

Interrogé sur les effets d’une réduction du temps de travail des Ontariens à 20 heures hebdomadaires, le professeur titulaire en économie à l’Université de York, Xavier de Vanssay, est catégorique : « si la durée de la semaine de travail passe à 20 heures (au lieu de 40 heures), l’économie produira moins. Peut-être pas exactement 50 % de moins, mais certainement moins. Car vous ne pouvez pas produire la même quantité de richesses en 20 heures qu’en 40 heures. Donc, l’économie produisant moins de richesses, les gens seront plus pauvres, ce dont ils ne veulent pas».

Il qualifie par ailleurs de « grotesque » une telle mesure. « Ce genre de raisonnement se base sur le sophisme de l’existence d’une quantité finie de travail, qu’il faudrait partager équitablement. Ceci est grotesque : la différence entre les taux de chômage européens ‒ comparez les Pays-Bas à l’Espagne, par exemple ‒ s’explique en grande partie par un marché du travail plus souple et efficace dans les pays à faibles taux. Aucun économiste sérieux n’accepte l’idée d’une quantité fixe de travail à partager équitablement ». « Au 21ème siècle, on a déjà la possibilité de travailler moins (temps partiel, etc...), mais on ne le fait pas » avertit le professeur.

Les magazines ont aussi droit aux cures de beauté !

Date: 
Mardi 1 Mai 2012

C’est le même scénario chaque printemps. Alors que la ville connaît ses derniers épisodes de neige fondante, les magazines féminins nous enjoignent déjà à essayer leur dernier régime miracle. Celui qui nous fera perdre, paraît-il, ces trois petits kilos pris pendant notre hibernation et qui nous permettra de nous dévêtir sans complexe sur la plage.

Poss.ca ne fait pas partie de ces magazines qui annoncent chaque anniversaire en grande pompe et pendant une année complète. Et pourtant, du haut de nos 13 années bien comptés, nous entrons de plain-pied dans l’adolescence. Alors c’est décidé, nous ne serons pas en reste !

Votre magazine en ligne emboîte le pas à ses congénères imprimés, mais au lieu de vous asséner une recette de plus, il s’applique des conseils esthétiques à lui-même pour changer d’apparence. Et voilà le résultat ! Ça vous plaît ?

Une conception graphique plus épurée, une police de caractère plus grande, des onglets réorganisés pour une meilleure navigation et des illustrations attrayantes… En revanche, nous n’avons que très peu retouché le contenu, et restons fidèle à l’essence de poss.ca. Des profils de carrières complets, des capsules-emploi « prêtes-à-l’emploi », excellentes pour une dernière mise au point avant de se rendre à un entretien d’embauche et notre course à l’emploi faite d’articles de fond sur la santé, les défis quotidiens au travail ou les possibilités de formation. Retrouvez aussi, comme à l’accoutumée, notre calendrier des évènements d’emploi et de réseautage et notre traditionnel coin des questions pour offrir une analyse et une réponse personnalisées gratuites à votre situation professionnelle.

Je profite de ce Poss Scriptum pour adresser un mot de remerciement à toutes les personnes qui se sont impliquées les six derniers mois dans ce travail de longue haleine : Darin Meilleur, Tim Corkill, Sharon Lau, Katherine O’Brien, Jowita Bydlowska et Ian Worang.

N’hésitez pas à utiliser notre formulaire de contact afin de nous donner vos impressions sur le nouveau poss.ca.

En espérant que cette petite cure de beauté trouvera faveur à vos yeux !

Céline S.

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Poss.ca est un magazine en ligne destiné aux chercheurs d’emploi de Toronto. Une initiative de Services d’information Findhelp, poss.ca est un projet d’Emploi Ontario, financé en partie par le Gouvernement du Canada.

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