Aide familial résidant : un emploi pas comme les autres

Date: 
Mercredi 22 Février 2012

En décembre dernier, Citoyenneté et Immigration Canada affranchissait les aides familiaux résidants de certaines obligations les liants à leurs employeurs, en accordant 14 000 permis de travail ouverts. Ces sortes de « permis passerelles » les autorisent désormais à changer d’employeur avant d’obtenir la résidence permanente, chose impossible auparavant.

Avant cette réforme de leur statut, ces immigrantes (car il s’agit de femmes le plus souvent) devaient 3 900 heures ou deux ans de travail à temps plein au service de familles avec enfant(s) ou personne(s) handicapée(s) à charge. Elles pouvaient ensuite soumettre un dossier de résidence permanente mais restaient liées par contrat au même employeur, le temps de traitement de ce dossier.

Côté employeurs, le sentiment d’injustice est grandissant. Dans un article publié dans le Toronto Star du 13 février, plusieurs d’entre eux crient au « vol » de leurs employées, qui reçoivent des propositions de travail plus alléchantes par d’autres familles, une fois leurs conditions remplies.

Le Star met en avant une forte pénurie des aides familiaux résidants sur le marché du travail, provoquée par la baisse substantielle du nombre de visa de ce genre délivrés par Citoyenneté et Immigration Canada depuis 2010. La tendance se trouve plus exacerbée encore par la récente délivrance de ces nouveaux permis de travail que l’on pourrait qualifier de « passerelles ».

Les familles ont en effet à leur charge des frais d’emploi grandissants incluant le coût du billet d’avion de leur « nanny » venue de loin, comme des Philippines, le principal pays pourvoyeur, et pour laquelle elles auront attendu entre 12 et 15 mois.

Le mois dernier, l’édition ontarienne de Canadian Immigrant publiait, dans sa rubrique Upfront (page 6), le témoignage de Melchizedek, une Philippine hautement qualifiée dans le service à la clientèle qui avait dû reprendre à zéro sa carrière à son arrivée. Elle évoque deux années d’humiliation, qui ont grugé son estime et sa confiance en elle, alors qu’elle exerçait un emploi « dont les Canadiens eux-mêmes ne voulaient pas », comblant ainsi les carences de la politique familiale canadienne.

Malgré un salaire au ras des pâquerettes (10,56 $ de l’heure, en moyenne) et des conditions de travail difficiles (une disponibilité 24 heures sur 24, puisque l’employée vit sur place), beaucoup de candidates vont au terme de leur engagement avec l’employeur qui a payé pour les faire venir. Toutes y voient une étape, bien que difficile, vers l’obtention du statut de résident permanent qui leur rendra leur liberté professionnelle et leur permettra de faire venir leur famille.

Sur le papier, le statut d’aide familial résidant n’exige aucune compétence particulière et comprend une formation. En réalité, il s’agit d’une façon, pour une candidate à l’immigration, le plus souvent expérimentée voire hautement qualifiée dans d’autres domaines, de s’établir à moindre frais au Canada et de sécuriser sa vie en concluant un contrat de travail de deux ans.

Au sujet de la rétention des employées, Pura Velasco, du Toronto’s Caregivers Action Centre, déclare au Star « si les familles veulent garder leur nanny, elles n’ont qu’à bien la traiter ». De son côté, Melchizedek étudie à présent le photojournalisme au Loyalist College de Belleville, et espère ainsi donner une nouvelle orientation à sa vie au Canada.

Céline Saday
csaday@findhelp.ca

Cliquez ici pour lire l’article du Toronto Star

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